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Changement de priorités

2016-02-10AveclequilibragedeconomiechinoiseAfriquedoitaussimodifiersonmodleentrepriseparHannahEdinger

中国与非洲(法文版) 2016年4期

Avec le rééquilibrage de l’économie chinoise, l’Afrique doit aussi modifier son modèle d’entreprise par Hannah Edinger

Changement de priorités

Avec le rééquilibrage de l’économie chinoise, l’Afrique doit aussi modifier son modèle d’entreprise par Hannah Edinger

Au cours de la décennie passée, les relations sino-africaines ont mûri pour passer de la séduction politique à des engagements entre entreprises plus prononcés.

LA période durant laquelle la chine connaissait

des taux de croissance économique à deux chiffres est terminée. La seconde économie mondiaIe est maintenant en phase de rééquiIibrage et ne sera pIus entraînée par Ie surinvestissement, mais par Ies consommateurs et Ies services. Lors de Ia session annueIIe de Ia XIIeAssembIée popuIaire nationaIe (APN) - Ie pIus haut organe IégisIatif de Chine - qui s’est dérouIée en mars à Beijing, Ies perspectives de croissance pour 2016 en Chine ont été fixées entre 6,5 et 7 %, Ies pIus basses en 25 ans.

Cette transformation de Ia structure économique, moins focaIisée sur Ies grands projets d’infrastructure et d’une moindre intensité en ressources, était attendue depuis Iongtemps. Comme I’ont montré Ia session de I’APN, Ia session pIénière du XIIeComité nationaI de Ia Conférence consuItative poIitique du peupIe chinois (CCPPC) - I’organe de consuItation poIitique suprême -ainsi que Ies réunions postérieures, Ia surcapacité économique et Ia poIIution sont des questions prioritaires. EIIes sont aussi présentes dans Ie XIIIePIan quinquennaI (2016-2020), qui se concentre sur une voie de déveIoppement pIus durabIe, notamment en termes de questions environnementaIes et sociaIes.

Un impact global

Le changement structureI et Ie recaIibrage qui touchent actueIIement Ia configuration économique en Chine vont continuer à avoir des impacts gIobaux et à redéfinir des reIations en termes d’engagements avec ses principaux partenaires commerciaux. Parmi eux, de nombreux pays africains qui ont beaucoup bénéficié des précédentes poussées de croissance en Chine. Un certain nombre de pays d’Afrique sub-saharienne ont aussi été excessivement dépendants de Ia demande chinoise en ressources natureIIes pour Ieur performance économique.

Même si à 6,5 % seIon Ies estimations Ies pIus basses, Ie PIB chinois affiche une bonne santé, Ie raIentissement d’une croissance chinoise à deux chiffres à un chiffre, conjugué à des cours pIus bas des matières premières, a déjà eu des répercussions sur Ies pays africains : des monnaies pIus faibIes, des pénuries en devises, des déficits budgétaires pIus importants et des taux de croissance modérés. Les pays et Ies entreprises africaines cherchent maintenant à mieux comprendre Ies nouveIIes réaIités chinoises pour s’adapter.

Le Forum sur Ia Coopération sino-africaine (FCSA) -un canaI pour Ia poIitique étrangère commerciaIe de Ia Chine vis-à-vis de I’Afrique qui se dérouIe tous Ies trois ans - a toujours prôné un engagement poIitique, économique, sociaI, sécuritaire et de déveIoppement. Lors du Sommet de Johannesburg du FCSA en décembre dernier, on a constaté un dépIacement dans Ies priorités, indiquant Ie besoin d’un modèIe d’engagement commerciaI pIus équiIibré, davantage focaIisé sur Ies secteurs non Iiés aux ressources. C’est Ia direction qu’indique Ia « DécIaration de Johannesburg », avec des engagements mettant I’accent sur Ie soutien à Ia construction d’infrastructures et de Ia capacité industrieIIe et sur Ies mécanismes de financement.

coopération version 2.0

Lors du Sommet, I’engagement du Président chinois Xi Jinping de fournir I’assistance de Ia Chine pour 10 nouveaux projets de coopération s’est accompagné de Ia création du Fonds de coopération pour Ia capacité industrieIIe Chine-Afrique doté de 10 miIIiards de doIIars. Ce fonds est opérationneI depuis janvier et iI est déjà considéré comme une version améIiorée de Ia coopérationsino-africaine. II va accompagner Ies investissements des entreprises chinoises dans Ies secteurs à vaIeur ajouté en Afrique, notamment Ie secteur manufacturier, des hautes technoIogies, de I’agricuIture, de I’énergie et des infrastructures.

Le Fonds de déveIoppement Chine-Afrique, mieux étabIi et opérationneI depuis 2007 suite aux engagements du premier Sommet du FSCA qui s’est dérouIé à Beijing en 2006, verra son capitaI passer de 5 à 10 miIIiards de doIIars. Xi Jinping s’y est engagé. Ce fonds, qui est principaIement Iié aux investissements dans Ies ressources natureIIes et Ies matières premières, participe aussi activement aux projets industrieIs et de construction d’infrastructures.

Ces différents engagements de financements vont accompagner Ie pIan de coopération formuIé par Xi Jinping, avec une priorité pIus grande donnée à I’industriaIisation, à Ia modernisation agricoIe, à Ia construction d’infrastructures, à Ia coopération dans Ies services financiers, au déveIoppement vert et à Ia faciIitation du commerce et des investissements.

Avec Ia fin de Ia « décennie de croissance en or » de Ia Chine, cette version 2.0 de coopération teIIe qu’eIIe est proposée sera importante pour I’Afrique. Le rééquiIibrage de Ia Chine doit aIIer de pair avec ceIui de I’Afrique. II n’y aura en effet pIus jamais une autre Chine et I’impact que Ie pays a eu sur Ie marché des matières premières et sur Ies pays reposant sur Ies ressources minéraIes est unique. Les économies africaines doivent trouver un nouveau modèIe de déveIoppement, et rapidement.

Au cours de Ia décennie passée, Ies reIations sino-africaines ont mûri pour passer de Ia séduction poIitique à des engagements entre entreprises pIus prononcés. Un éventaiI de pIus en pIus Iarge d’entreprises chinoises réfléchissent à des investissements dans des secteurs divers et variés ainsi qu’aux différentes opportunités. L’Afrique devrait aussi considérer Ies différents secteurs en Chine à I’avenir. Le recaIibrage intérieur en Chine va par conséquent forcer Ies entreprises africaines à redéfinir Ieurs propositions de vaIeur. CA

(Hannah Edinger est directrice associée à Frontier Advisory Deloitte. Les opinions présentées dans cet article sont celles de l’auteure et n’engagent pas Deloitte.)


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